Paiement mobile : si proche, si loin

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Chaque jour, le mobile prend une place de plus en plus prépondérante : suivre l’actualité, consulter ses comptes bancaires, mettre à jour ses notes et ses to dos, écouter de la musique, prendre des photos… nos smartphones font tout. Reposer toutes ces pratiques sur un seul appareil n’est d’ailleurs pas sans poser quelques soucis.

Payer avec son téléphone, tout le monde en parle depuis quelques temps, mais la pratique a du mal à décoller, surtout sur notre Vieux Continent. Pourtant, les technologies existent, et il suffirait d’agir sur certaines ficelles pour que le paiement mobile devienne une habitude, et simplifie la vie de bon nombre d’entre-nous !

Le paiement mobile, si loin…

Aujourd’hui, on peut identifier quatre principales pierres d’achoppement à la démocratisation du paiement mobile :

(1) L’effet de réseau

La principale difficulté consiste à atteindre un niveau de réseau (d’usage) suffisant. Les technologies de paiement concernent une multitude d’acteurs, privés et publics : commerçants, banques, consommateurs finaux, collectivités locales, Etat… Autrement dit, difficile d’avoir une entente optimale pour que tout le monde marche dans la même direction, à la même vitesse.

C’est un peu quelque part le problème de la poule et de l’oeuf : le consommateur ne s’y met pas si les commerçants qu’il visite ne sont pas équipés pour recevoir son paiement, et inversement, ceux-ci n’investissent que si leurs clients le leur demandent.

Les organismes publics ont eux d’autres soucis en tête – comme la question de leur financement. Les banques (et les sociétés de paiement) semblent elles se concentrer pour le moment vers le paiement sans contact via carte de crédit – certes plus facile, mais qui n’enlève pas vraiment de poids à notre portefeuille. Or, ce sont elles qui ont l’expertise et un réel pouvoir de décision et de prescription à faire valoir !

=> Le paiement mobile attend donc que tous ces acteurs s’organisent, ou qu’à défaut les organismes financiers soient une vraie force de proposition.

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(2) Un besoin de références phares

Comme récemment pour les télévisions (lcd/led versus plasma) ou les lecteurs vidéo (blu-ray versus hd-dvd), et de manière générale pour toute technologie nouvelle, plusieurs standards se font la guerre, même si le NFC (near field communication) semble aujourd’hui émerger comme la solution principale.

Restent deux problèmes. Celui tout d’abord des applications : si pour payer dans un commerce, il faut télécharger l’application spécifique du magasin, nos écrans de smartphones vont vite être surchargés. Des applications de références, avec lesquelles l’on doit pouvoir payer (presque) partout, doivent s’imposer.
Ensuite, celui des protocoles de paiement :  un tâche toute désignée pour les sociétés de paiement (Mastercard, Visa…). Ces dernières poussent d’ailleurs en ce sens (comme Mastercard avec son système Tap & Go ou « TapezPartez »), mais les tests avancent très lentement.

=> Le paiement mobile attend donc un standard technologique unique (NFC ?), des protocoles de paiement forts, et des applications universelles phares.

(3) La sécurité

Un autre enjeu de taille sera de rassurer les consommateurs sur la fiabilité du paiement via mobile : la sécurité est sans nul doute un facteur de succès pour une nouvelle technologie qui opère dans le domaine bancaire. Le petit Kevin qui paie avec son téléphone n’a pas tellement envie de se faire hacker son smartphone pendant une transaction NFC !

(4) L’autonomie des téléphones

Enfin, l’autonomie des téléphones reste un gros point à améliorer. Faire de plus en plus de choses avec son portable c’est bien, mais pouvoir les faire toute la journée, c’est mieux ! Si au moment de payer avec son téléphone notre ami Kevin se retrouve en rade de batterie, cela peut également lui poser quelques soucis !

 

Le paiement mobile, si proche…

S’il existe encore aujourd’hui des freins à une véritable démocratisation du paiement mobile, vous avez la possibilité de vous y mettre dès aujourd’hui. Car des solutions de paiement existent d’ores-et-déjà, la preuve en deux exemples !

Lydia : le paiement en un flash

Lydia est une application qui vient se substituer au lecteur de carte bancaire ET à la carte bancaire elle-même : les transactions restent toutefois fondées sur sur les mouvements bancaires, une fois votre carte enregistrée au sein de l’appli.


Développée par une start-up parisienne, Lydia utilise en fait des QR codes : le payeur tape le montant qu’il veut verser depuis l’écran de son smartphone, génère de ce fait un code que le commerçant (qui indique de son côté également le montant à prélever) flashe depuis son propre appareil.

Square : le paiement en une signature

Square, qui pousse fort de l’autre côté de l’Atlantique – et uniquement là-bas pour le moment – a fondé sa croissance sur le coût des terminaux de paiement pour les petits et moyens commerçants. L’application (créee par Jack Dorsey, un des fondateurs de Twitter) permet aux commerçants de faire de leur smartphone une caisse enregistreuse, via un lecteur de carte bancaire à pluger sur la prise jack de l’appareil.

La société offre également la possibilité au consommateur de s’enregistrer (check-in) dans un commerce local via son appli Square Wallet, et de donner son nom en caisse, le commerçant n’ayant plus qu’à le facturer contre une signature !

 

Observer tous les consommateurs payer avec leur mobile, sans contact, ce n’est pas un usage démocratisé que l’on pourra vraisemblablement observer dès demain : les barrières restent nombreuses et dont se débarrasser sera compliqué. Néanmoins, pour les plus enthousiastes d’entre vous, sachez qu’il existe déjà des solutions aujourd’hui. Et c’est en les utilisant qu’un mouvement plus large d’utilisation pourrait être initié !

Thomas Dutouquet

Thomas Dutouquet. Passé en agence digitale en tant que trafic manager, désormais dans le jeu vidéo, je suis à la culotte l'actualité web/tech, et j'aime me lancer dans de grands dossiers de fond pour la décrypter !

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