Revue de presse du monde digital (du 25 au 30 janvier)

  Troisième revue de presse du monde digital avec quelques changements dans la forme. Cette semaine je vais vous parler d’e-commerce, de smartphones, de Google et de Youtube, de Kickstarter et de ROPO. Restez concentrés et surtout connectés !

 

 

Les brèves dont on ne parlera (presque) pas :

10 chiffres qui en disent long sur le boom de l’e-commerce

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  La croissance du marché de l’e-commerce s’est accélérée en 2015. Les chiffres, tous à la hausse, témoignent de cette révolution dans les habitudes d’achat, qui représente désormais 7% des ventes au détail dans l’hexagone.

  D’après les chiffres de la fédération professionnelle du e-commerce et de la vente à distance (la FEVAD), le chiffre d’affaire du commerce en ligne atteint en 2015 un peu moins de 65 milliards d’euros. Structurellement cela montre que les effets d’apprentissage des internautes français ont porté leurs fruits. En effet, d’une pratique encore assez marginale au début du siècle – et très souvent teintée de méfiance à cause de la médiatisation des cas de fraude – on constate aujourd’hui que l’achat en ligne concernait en 2015 environ 36 millions de Français. L’article revient sur quelques chiffres intéressants :

  • Après 50 milliards de CA en 2013, et 65 en 2015, les estimations pour 2016 sont de 70 milliards soit 10 % d’augmentation.
  • On dénombrait fin 2015 182 000 sites marchands actifs en France, dont 25 000 tout nouveaux.
  • La période des fêtes a représenté 20% du chiffre d’affaire annuel.
  • En moyenne un internaute réalise 23 achats par an, soit environ 2 chaque mois ! C’est deux de plus qu’en 2014.
  • Le panier moyen annuel est de 78 euros. C’est moins que 2014 mais il faut aussi comprendre que la multiplication des acheteurs a entraîné une baisse des prix tout en agrandissant l’offre de produits disponibles, dont des produits à bas prix.
  • Enfin, 10 % des ventes ont été réalisées  sur une plate-forme mobile (smartphone ou tablette),  ce qui représente la plus forte progression constatée de cette rétrospective (+ 39% par rapport à 2014) soulignant encore une fois un autre changement structurel majeur dans l’utilisation d’internet aujourd’hui ( en mai 2015 Google annonçait d’ailleurs que les recherches via plate-formes mobiles étaient supérieures à celles sur ordinateur)

 

Pourquoi Amazon tient tant à ce que vous preniez un compte Premium

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Alors qu’Amazon compterait plus de 80 millions d’adhérents Premium dans le monde, une étude montre que ces clients « amazonophiles » dépensent en moyenne près de deux fois plus que les autres. Et le site vise désormais les jeunes avec un abonnement à moitié prix pour les 18-24 ans.

  Rien qu’aux États-Unis, le nombre de membres Amazon Prime (le nom américain du programme Premium) aurait crû de 35% en 2015 pour atteindre quelques 54 millions d’adhérents. Et à 99 dollars l’année, cela représente une manne de 5,35 milliards de dollars (4,93 milliards d’euros) rien qu’en abonnement. 99 dollars, soit environ 90 euros au cours actuel, c’est tout de même presque deux fois plus qu’en France. Sauf que si l’hexagone peut profiter pour 49€ par an (ou 24 pour les 18-24 ans) d’une livraison rapide et gratuite -sur une sélection de produits-,  d’un accès prioritaire aux ventes flash, des ebooks offerts ainsi qu’un stockage illimité sur leur cloud, aux États-Unis les adhérents à Amazon Prime ont aussi accès à une version maison de Netflix ainsi qu’un Spotify-like. On y reviendra sûrement un jour pour un article plus détaillé mais Amazon.com participe de ce qu’on appelle la fusion des univers digitaux où chaque marque essaie de devenir un média englobant dont on ne sortira pas (un peu comme Facebook avec sa volonté de développer son propre moteur de recherche au sein de l’application).

  Plus on reste premium, plus on dépense : voilà la raison qui pousse le site de Jeff Bezos à attirer le plus de clients possibles dans son offre d’adhésion, quitte à le réduire de moitié pour certains segments. En fait, outre le fait de fidéliser le client et le maintenir sur la plate-forme en dépit de la multiplication des sites de e-commerce, c’est surtout que les clients premium dépensent en moyenne deux fois plus que les clients lambda. Selon l’étude de CIRP, un Prime achèterait pour 1.100 dollars de produits par an contre 600 dollars pour un autre client.

 

Zenfone Selfie : oui, le module photo du commerce est moins bon

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Petit scandale dans le monde des smartphones, le constructeur taiwanais Asus ne distribuait pas le même téléphone aux sites de test et aux clients. Comme de nombreuses autres marques de téléphones, Asus passe par différents fournisseurs pour les mêmes pièces. Un cahier des charges strict permet alors de garantir que toutes les pièces seront identiques. L’un des fournisseurs a du se tromper ou bien proposer des pièces de moins bonnes qualité pour limiter les coûts (à l’heure actuelle rien ne peut confirmer que la faute incombe plus à Asus qu’à ses fournisseurs). Reste que la marque a tout de même décidé de proposer l’ensemble des appareils tout en choisissant avec précaution certains destinataires. Il faut en effet, reconnaître l’importance des tests sur internet quand on recherche un nouveau smartphone, en cela il n’est pas étonnant de tout faire pour avoir la meilleure note possible quitte à jouer avec l’éthique. Peut-on pour autant parler de tromperie sur la marchandise ? Considérant qu’aucune clause d’engagement n’a été signée entre Asus et le site de test rien n’oblige formellement la marque à envoyer des copies conformes aux tests lors d’une distribution de masse. En plus, ce n’est pas comme si, dans ses campagnes de publicité Asus relayait ses notes comme un argument de vente (auquel cas on pourrait parler effectivement de publicité mensongère et de fausses promesses). Voici d’ailleurs la réponse d’Asus à l’un des clients se plaignant de la différence de qualité de l’appareil photo entre le test et la réalité :

Tout d’abord, nous regrettons vraiment que vous ne trouviez pas satisfaction avec votre ZenFone Selfie. Dans un premier temps, nous vous invitons à consulter les conditions générales de vente de nos revendeurs qui permettent de retourner un produit dont vous ne seriez pas satisfait lors de la découverte de celui-ci (à vérifier en fonction de l’enseigne dans laquelle vous l’avez acheté). D’autre part, suite à l’article des Numériques que vous évoquez, nous avons mené des investigations en interne et présentons cette fin de semaine les résultats aux journalistes de la rédaction. Nous espérons vivement que ces éléments conduiront la rédaction à publier un article apportant un éclairage différent sur le sujet, et espérons qu’il contribuera à rétablir votre confiance en notre marque.

Bonne journée, Marion pour ASUS

  Partant de là c’est la fiabilité du site qui est attaquée : quelle confiance peut-on avoir de tests qui de toute façon présentent un matériel non disponible dans le commerce ? Évidemment si la pratique vient à être découverte ET suffisamment médiatisée, il est clair que la réputation d’Asus sera ternie pour un long moment. Cela semble être la seule possibilité pour que les constructeurs jouent réellement franc-jeu.

 

Google fait un don de 5,3 millions de dollars aux réfugiés

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Google est un habitué de la philanthropie et on le note aujourd’hui avec un don de chromebooks équivalent à plus de 5 millions de dollars pour aider les réfugiés à maintenir un moyen d’éducation des jeunes particulièrement. Selon Jacqueline Fuller, la directrice de la fondation Google, une fois le toit, la nourriture et les soins fournis il est nécessaire d’apprendre la langue locale ainsi que d’autres compétences qui leur permettront de s’adapter au mieux dans leur nouveau pays d’accueil. D’aucuns pourraient penser que cet élan de générosité de la part de Google n’est pas  sans arrière-pensée, mais bon, comme toute oeuvre de mécénat ou de philanthropie dans un sens : se montrer sous un meilleur jour n’est pas nouveau.

  Plus globalement l’action de Google me fait penser à cette excellente prestation de Sugata Mitra dans une conférence TED de 2013 (prestation pour laquelle il gagna d’ailleurs le prix de la meilleure conférence cette année là )

  Il y explique notamment comment le cloud peut permettre à des enfants de réfléchir et s’entraider sans avoir besoin de la présence d’un professeur compétent ou d’une bibliothèque. On y reviendra aussi un jour dans un article dédié tant ses travaux sont précurseurs en Inde pour permettre à l’éducation du pays de s’améliorer sachant que les meilleurs profs et les meilleures infrastructures sont le plus souvent réservés aux grandes villes et aux populations fortement dotées en capital économique et/ou culturel (si vous notez une ressemblance avec la France ne soyez pas surpris).

 

Fairphone 2 Un smartphone fabriqué pour durer

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Au succès mondial des smartphones s’opposent les conséquences désastreuses de leur fabrication sur la planète (matériaux lourds, recyclage) et sur les hommes (mineurs de fond et ouvriers). Le fabricant Fairphone prend le contre-pied de ses concurrents avec un smartphone dit “équitable”. Après un premier modèle lancé fin 2013, l’entreprise hollandaise pousse la démarche un peu plus loin avec une nouvelle version, le Fairphone 2, vendu 525 €.

  Ni particulièrement “bio” ni vraiment regardant sur les conditions de travail des ouvriers qui permettent l’élaboration des smartphones que ce soit les mineurs récupérant les matières premières indispensables à l’élaboration des smartphones que les usines d’assemblages où les scandales sont nombreux. Et même si le problème est officiellement pris en compte par les marques force est de constater que l’achat d’un téléphone intelligent revêt aujourd’hui encore des interrogations sur l’impact environnemental et social à plus ou moins long terme.

  A cela la marque Fairphone répond intelligemment dès 2013 avec le premier smartphone véritablement respectueux de l’environnement et labélisé commerce équitable. Son site Web regorge d’informations sur la fabrication du téléphone, comme un gage de transparence vis-à-vis de ses client et elle s’engage à ne se les procurer que dans des mines convenablement exploitées (sécurité des travailleurs, salaires décents) et qui sont hors de conflits entre groupes rebelles. De plus pour chaque téléphone vendu, Fairphone affirme réinvestir 67 € dans des programmes sociaux et environnementaux destinés à améliorer ses process de production.

  Le plus intéressant dans le projet de Fairphone c’est de proposer à terme un téléphone qui fonctionnerait selon un système de blocs qu’on assembleraient selon nos envies et nos besoins, un peu comme on pouvait le présenter ici il y a 2 ans déjà.

  525€ pour un smartphone aux compétences moyennes, il est clair que vous ne vous y retrouverez pas d’un point de vue rapport-qualité/prix mais “that’s not the point”. La démarche est ailleurs et correspond à une conviction personnelle transcendant votre radinerie habituelle.

 

 

L’étude à ne pas manquer :

Ces stars de YouTube qui font la pluie et le beau temps dans la mode et la beauté

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Les youtubeuses sont bien plus visibles sur les réseaux sociaux que les médias traditionnels, selon une étude NPA. Ces jeunes femmes possèdent dès lors un énorme pouvoir de prescription. Bon encore une fois ça mériterait un article dédié car le phénomène de leader d’opinion réinterprété par Youtube ou Twitch (pour une variante très jeux-vidéo) n’a absolument rien de nouveau. Déjà avec Katz et Lazarsfeld dans Personal Influence :The part played by people in the flow of mass communications (1955) pouvait-on comprendre l’importance des réseaux d’influence dans la transmission d’informations. Et déjà en 1955 pouvait-on constater que ces influenceurs, à qui on prête parfois une confiance aveugle pour différentes raisons (légitimité, confiance, respect des connaissances jugées sans faille…), ont un impact bien plus important que les médias de masse.

  En bref, on se retrouve devant des Oprah Winfrey par dizaines sur internet, et ça marche ! Suivies par des millions d’internautes, elles ne sont pourtant pas des stars mais des youtubeuses qui aiment partager sur la plateforme de Google leurs conseils et leurs découvertes. Avec près de 8 millions d’« abonnés » (ou « followers », etc.), EnjoyPhoenix fait mieux sur les réseaux numériques que des chanteuses connues mais aussi que « Elle », « Grazia », « Marie Claire », « Glamour », « Cosmo » et « Biba » réunis.

  La différence principale avec la publicité classique pour des cosmétique ? Outre le fait qu’une pub arrive sans qu’on le demande alors qu’ici ce sont les internautes qui veulent découvrir les nouvelles vidéos, c’est l’impression de proximité et de personnalité. En effet, à la différence d’un schéma et d’un ton souvent très (trop) formel, la youtubeuse se permet un ton plus intimiste, des phrases naturelles (quitte à être grossière) et même des erreurs (rires, bégaiement, mauvaise prononciation…) qui seraient impossibles en Agence pub alors que sur Youtube cela parait naturel, plus humain si on peut dire.

  Surtout, leurs conseils sont extrêmement suivis par leurs fans. En témoigne le résultat d’une enquête en ligne réalisée par NPA auprès de plus de 16.000 fans de youtubeuses mode-beauté – des femmes (97 %), jeunes (15-25 ans), hyperconnectées (84 % se connectent une fois par jour à YouTube). Près de 9 répondants sur 10 déclarent avoir déjà fait des achats à la suite d’une vidéo vue sur YouTube ! La vidéo YouTube est ainsi le contenu qu’elles regardent le plus pour décider de leurs achats, largement devant les articles de presse ou les publicités . « Les youtubeuses ont un énorme pouvoir de prescription, grâce à la relation de confiance qu’elles ont tissée et à leur pouvoir d’identification », résume Philippe Bailly.

  Sachant que ces youtubeuses ont un public majoritairement jeune qui regarde de moins en moins attentivement les médias traditionnels, elles deviennent de nouvelles égéries des marques de mode et de cosmétiques qui ne lésinent pas en cadeaux et partenariats en tout genre pour apparaître dans les prochaines vidéos (sans compter les spots publicitaires diffusés avant leurs vidéos). Une autre manière de faire de la pub, dans laquelle chacun peut devenir son propre média si tant est qu’il ou elle parvienne à rassembler une communauté suffisamment nombreuse et fidèle. Face à ce phénomène qui prend de l’ampleur il s’agira aussi un jour de détailler les effets pervers de cette nouvelle communication aux airs de publicités déguisées.

 

 

Le “kickstarter” de la semaine :

Air Bonsai | Create your « little star »

  La rubrique consacrée à l’application de la semaine laisse sa place au projet de crowdfunding de la semaine. Si vous ne connaissez pas Kickstarter (un article dessus un jour ? coucou Guillaume Cloux)  n’hésitez pas à jeter un oeil à la plateforme leader du financement participatif dans le monde.

  Cette semaine, c’est poésie sur votre écran avec ce projet un peu déconcertant au premier regard. Une start-up japonaise située sur l’île de Kyushu a conçu un bonsai capable de tenir en lévitation, ou quand un art ancestral devient high-tech. La technique n’est pas très compliquée mais l’idée est vraiment originale et le rendu vraiment admirable.

Revue de presse du monde digital (25 au 30 janvier 2016)

  Comptez tout de même au moins 200 dollars pour vous offrir un kit permettant de reproduire un des mini-arbres chez vous (oui cette semaine la revue n’est pas très bon marché). Et pour finir cette rubrique en poésie un haïku s’impose :

Faisant de la quiétude

mon seul compagnon –

solitude hivernale

Teïga

 

Le terme de communication/marketing digital de la semaine :

Le ROPO

 

  ROPO est un acronyme pour Research Online, Purchase Offline. ROPO désigne donc un comportement d’achat cross-canal du consommateur qui allie internet et les magasins physiques. Le RoPo est la démarche inverse du « showrooming », qui consiste pour le consommateur à se servir des magasins pour voir et examiner les produits, voire questionner les vendeurs spécialisés, avant de conclure par un achat en ligne. Une étude du site Ropo.fr montre d’ailleurs que certains produits sont plus touchés que d’autres par ce comportement d’achat :

revue de presse

Erwan Colson

Étudiant en double diplôme Sciences po Toulouse (master communication) et Toulouse Business School (majeure marketing). Membre de Hotsoft depuis novembre 2014, je travaille pour Toile de Fond sur des articles plutôt orientés nouvelles techno, télécoms, droit et politique.

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