VOD, streaming : Quel avenir ?

Etat des lieux général 

Le streaming est le fait de lire une vidéo ou d’écouter un morceau de musique sur la toile. Ne vous inquiétez pas, on ne va pas plus rentrer dans les détails techniques, indigestes pour un bon nombre d’entre nous ! Il regroupe tout le visionnage de vidéo sur Internet sans téléchargement, de la vidéo Youtube aux films sur Dpstreaming, ainsi que la musique (sur Deezer par exemple) ou encore les livres et bandes-dessinées. En juin 2013, OpinionWay a sorti une étude montrant que 84% des internautes pratiquent le streaming, contre seulement 49% pour le téléchargement , ce qui fait du streaming la principale source de consommation de biens culturels.  Ici j’aborderai  le streaming vidéo et la vidéo à la demande, ou VOD, car pour parler de tout ce qui se cache derrière ce terme il nous faudrait carrément une étude de trois mois sur le sujet.

 

StatsStreaming

Quelques petites statistiques (très petites !)


 Un nouveau mode de consommation

Le streaming est aujourd’hui devenu un moyen phare pour regarder films et séries. Les principaux sites qui offrent un service d’hébergement de contenu vidéo comme Mégavidéo, Mixturecloud ou encore Purevid se sont développés à partir de 2005, grâce la croissance du piratage depuis les débuts de l’ère Internet au début du siècle. Les sites de référencement se sont donc aussi très vite développés par la suite (comme DPstream ou Streamiz, pour ne citer qu’eux) dans un monde presque devenu jungle par la multiplication des sites. L’utilisation et la consommation de vidéo par ces outils  s’est énormément démocratisée grâce à sa simplicité d’utilisation.  Regardons de plus près ce qui nous est proposé à ce jour.


Le développement des offres légales

Plusieurs plateformes en France ont créé une offre de VOD légale et deux grandes catégories en  ressortent. Les FAI proposent systématiquement désormais un bouquet de chaine et de VOD à partir des box internet. Seulement, on peut constater que ce sont plus globalement nos aînés qui utilisent cette technique, car elle est très simple et rapide d’utilisation . Les chaînes de télévision proposent aussi des offres sur la toile. TF1 VISION, lancé 2007 qui deviendra MyTF1VoD qui propose des films en location à 4,99€ et des séries dont les épisodes sont disponibles en VOSTFR 24h après leur diffusion à 1,99€. Quant à Canal +, leur offre Canal Play Infinity permet pour 6,99€ par mois de visionner du contenu en illimité et compterait aujourd’hui 175 000 abonnés. Sauf que le groupe de la chaîne cryptée à lancé en septembre Canal+ Séries, qui diffuse de grandes séries US, et qui pourrait alors leur faire une auto-concurrence. Leur succès n’est donc pas époustouflant et leurs offres n’arrivent pas à capter suffisamment les attentes des clients … c’est à dire nous, quoi.

 

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House of Cards : dernière série à succès produite par Netflix


Le phénomène Netflix

Netflix est le leader outre-atlantique de la VOD payante sur Internet. Pour 8$ par mois (soit même pas 6€) vous avez accès à des milliers de films et séries de grande qualité. Le service proposé est simple et efficace, et c’est ce que le public demande aujourd’hui. Le site comptait quasiment 30 millions d’abonnés aux USA fin octobre 2013 et pour continuer à gagner du terrain, Netflix s’est lancé le défi de produire elle-même des séries. 2013 fut alors la consécration du streaming grâce au succès phénoménal de la série House of Cards, ce thriller sur le monde politique avec le si machiavélique Kevin Spacey et avec David Fincher aux commandes. Tous les épisodes ont été mis en ligne le même jour sur Netflix, finie l’attente insoutenable pour les fans inconditionnels. Enfin, petite anecdote, il paraîtrait que le site américain consulte régulièrement les sites de streaming illégaux pour voir la tendance au niveau des séries les plus visionnées et achèterait ses séries en fonction de ces résultats.

Mais pourquoi n’avons-nous pas Netflix en France, ou au moins un service équivalent ?

C’est toute la problématique de l’exception culturelle française qui nous est si chère. Prenons en exemple l’un des multiples freins à l’entrée de Netflix en France. Pour qu’un film sorte en DVD, il faut patienter 4 mois mais aujourd’hui, avec la dématérialisation du contenu vidéo il faut attendre 36 mois pour le trouver en VOD par abonnement, donc légalement, une éternité à l’ère d’Internet. Des problèmes de fiscalisation, de pourcentages de chiffre d’affaire réinvestit dans le cinéma français ainsi qu’une multitude d’autres raisons limitent l’importation de ce business model en France.


Le « libre-service » gratuit de la VOD

Juste pour commencer en guise de précision, il faut savoir qu’il est légal de visionner un film en streaming sur un site comme DPstream si et seulement si vous possédez le DVD chez vous. Très logique, n’est-ce pas ! De ce côté-là, tout allait alors pour le mieux, jusqu’au jour où … Megavideo, site de partage de vidéos dépendant directement de Megaupload, fut fermé par le FBI. La chute du géant a permis à de petits nouveaux comme VidéoBB ou Mixturecloud de s’imposer. Dans un but lucratif les limites de temps de visionnage se multiplient alors (le très redoutable « vous avez regardé 72 minutes aujourd’hui, réessayez dans 60 minutes» -.-‘), pour inciter les personnes à investir dans des packs premium permettant une utilisation illimitée. Financés par les multiples publicités qui nous agacent tous (comme le type qui veut nous apprendre à gagner de l’argent grâce au trading, la blague), les sites de référencement proposent aujourd’hui des milliers de films et séries. Nous sommes des millions à les visiter pour notre consommation personnelle …

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Hadopi : La Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet


Quelles sont les perspectives d’avenir et quelles législations vont être instaurées ? 

Hadopi = RIP. En effet suite à l’arrivée de F.Hollande à la tête de l’Etat, Hadopi est tombé aux oubliettes très rapidement. Après un début où les conditions de sanctions étaient très floues, les résultats attendus n’ont pas été au rendez-vous : en février 2013, 80 000 emails ont été envoyés pour 88 délibérations. Les chiffres parlent d’eux-même : on ne peut pas parler de grande efficacité. En mai 2013 Pierre Lescure, ex-patron de Canal+ remet son rapport au gouvernement qui met fin définitivement à Hadopi : 486 pages et 2,3kg, du lourd comme on pourrait dire. Globalement l’objectif est de lutter contre la contrefaçon commerciale, en collaboration avec le CSA. Une des mesures que nous retiendrons ici est le passage de 38 à 22 mois pour qu’un film soit disponible en VOD par abonnements. Le rapport évoque l’idée de regrouper les acteurs du numérique pour condamner de tels sites. Les hébergeurs, les moteurs de recherche, les services de paiement seraient alors impliqués. La question est donc de savoir si un principe de ce genre d’auto-régulation pourrait fonctionner à cette échelle. Enfin, fin novembre, la justice annonçait l’obligation pour les moteurs de recherche et les fournisseurs d’accès à Internet de bloquer le référencement des sites comme  DPstream. Cette action menée par les professionnels du cinéma français à mon sens n’empêchera pas la mise en place de nouveaux sites-miroir, car les sites aujourd’hui ne font que du référencement de contenu stocké sur d’autres plateformes.


Conclusion

Pour satisfaire une demande de VOD rapide et efficace, il n’existe toujours pas de plateforme permettant d’établir ce que l’on peut qualifier de bon rapport qualité / prix. En effet,  la VOD légale est encore trop coûteuse et nous autres, petits consommateurs, ne sommes pas prêts à payer aussi cher les prestations proposées, malgré leur qualité. Nous tombons donc dans l’illégalité, qui est un bien grand mot, et préférons avoir un contenu de moins bonne qualité mais gratuit. Il faut trouver le juste milieu !

 

Marie Le Coz

Etudiante en 1ère année à Toulouse Business School - Nouvelle et fouineuse dans le monde du Web et des réseaux sociaux - Chargée de communication au Petit Tou

1 commentaire

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