Wesh, l’application sociale made in Toulouse


 L’univers des start-up toulousaines n’a rien à envier à celui des parisiennes. Toile de Fond a décidé de vous le prouver. Venez le découvrir  au travers l’application sociale Wesh.


 

Wesh l’application sociale Toulousaine !

  Plus pratique qu’un SMS pour dire que l’on arrive, plus simple et précis qu’un long message demandant à votre ami de vous rejoindre. Wesh : Une application qui permet d’informer nos contacts de l’endroit où vous êtes à un instant t, via géolocalisation. Depuis août, ont été ajoutées les possibilités d’envoyer des photos et de répondre par 3 façons différentes (« Tu viens ? »; « J’arrive »; « J’peux pas »).

  Mais où et comment est née cette idée ?

  L’homme à l’origine de cette application, Chérif Mili, nous a confié que l’idée de développer Wesh lui est venu de la vidéo du Youtuber Cyprien « Les jeunes et la technologie».

  C’est donc suite à cela qu’il a décidé de prendre ce pari : Créer un clone de l’application Yo, l’appeler Wesh, en informer Cyprien et profiter de sa notoriété sur les réseaux sociaux, et voir combien de téléchargements il obtiendrait en une semaine. Cependant, Chérif Mili a réalisé que Wesh avait un réel potentiel à exploiter, que l’application pouvait apporter quelque chose de plus intéressant que ce que Yo proposait. Il a donc rapidement eu l’idée de la localisation. Conserver la simplicité de Yo et y ajouter une fonctionnalité utile sans perdre l’aspect fun via une notification «WESH !».
Wesh était née, une appli pour se retrouver.

 

Comment réussir sa start-up dans les applications de communication ?

  L’univers de l’application sociale est dominé par Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat entre autres. Quelle stratégie ont donc adopté Wesh et son créateur ?

  Il n’est pas possible de s’attaquer frontalement à ces géants qui mettent en œuvre des moyens colossaux afin de conserver leur place. En revanche, prendre un pari risqué, innovant, fou, c’est la force de Wesh, une messagerie où l’on n’écrit pas de texte. La simplicité d’usage de cette application, d’un simple doigt vous partagez avec vos amis l’ensemble des informations utiles, est son principal atout face à ses concurrents.

  Pour espérer percer dans un tel secteur il faut essayer quelque chose de différent, d’innovant, on ne peut pas se contenter de suivre ou d’imiter. Développer un avantage concurrentiel, cher à l’économiste Michael Porter se révèle donc crucial. La théorie économique l’a suffisamment montré et démontré, une entreprise cherche à atteindre une situation de monopole afin de maximiser son profit. L’enjeu est d’autant plus important pour une start-up dans ce secteur qu’elle fait face à des entreprises qui sans cesse continuent d’innover. Ainsi, il est peut-être préférable de s’orienter vers des secteurs « niches » qui peuvent en apparence n’attirer que quelques utilisateurs mais apporter en fin de compte satisfaction à de nombreux autres. Une bonne idée ne suffit pas à faire de votre projet un succès. La réussite d’un projet doit compter sur deux facteurs, le degré de risque pris, qui passe majoritairement ici par le « degré d’innovation » ainsi que l’exécution qui peut à son tour faire la différence.  Il ne s’agit pas à proprement parler du «développement informatique » mais de l’ensemble des choix, décisions prises par l’équipe. Une mauvaise exécution et c’est l’échec assuré, pour autant une bonne exécution ne garantit pas le succès. 

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  L’exemple de Snapchat est selon Chérif Mili un modèle de réussite en termes de stratégie :

 « Le plus bel exemple d’une app qui a su contourner l’avance des géants est Snapchat. Pour cause, le pitch ressemble à une blague. Impossible de prédire qu’une messagerie basée sur des photos éphémères puisse devenir le principal moyen de communication des adolescents, puis les garder jusqu’à l’âge adulte. C’est ce parti pris fou qui a permis à Snapchat de se faire une place et de surprendre Facebook et Google. »

  Question modèle économique, avant d’envisager la rentabilité d’une application il convient d’acquérir une masse d’utilisateurs fidèles. Une fois une taille critique atteinte il est ensuite possible de parler de modèle économique. Nous avons interrogé Cherif Mili quant à l’éventualité de développer un partenariat avec des bars, une réduction pour un rendez-vous au sein de celui-ci. Fort de son expérience dans l’univers start-up de plus de 3 ans,  il considère que « la carotte des réductions ne marche pas ». Si l’idée est viable, elle n’aura pas à attirer son public par des moyens détournés. Il n’est donc pour lui pas forcément intéressant et utile de s’orienter vers ces partenariats. Ce qui caractérise majoritairement une start-up est sa réactivité et c’est bien là sa plus grande force. Elle explore son marché puis est capable de s’adapter aux attentes de ses clients, de trouver son product/market fit.

  Application payante vs application gratuite, la problématique reste similaire à ce que nous évoquions précédemment : avant tout il faut trouver son marché. 9 applications sur 10 téléchargées sont gratuites (© Gartner). Il semble donc que proposer une application gratuite, dans un premier temps, soit une étape vivement conseillée. Cherif Mili souligne que pour une app sociale «l’output est binaire », on obtient très rapidement un grand nombre d’utilisateur ou l’on est contraint de laisser le projet de côté. Il n’est pas possible d’espérer vivre en s’efforçant d’améliorer une application qui ne trouve pas son marché. Mais c’est un univers fortement concurrentiel dans lequel il est difficile de percer. Un exemple pratique ? Prenez votre smartphone, et observez le nombre d’applications sociales à votre disposition, faites le compte de celles que vous utilisez réellement. 

Ma recommandation à ceux qui souhaitent lancer une application sociale c’est… de ne pas le faire.

 

Et si on veut lancer sa start-up à Toulouse ?

  Nous avons eu la chance d’interviewer une personne active dans ce milieu alors profitons-en afin de récolter de précieux conseils. Toulouse n’est pas Paris (M. De La Palice n’aurait pas dit mieux), ce que nous cherchons à dire par là c’est que les meilleures opportunités se trouvent sur Paris, mais Toulouse n’est pas en reste. La ville propose de nombreux dispositifs comme l’incubateur MiPy (Midi-Pyrénées), l’IoT Valley, Ekito, le Starter, AtHome entre autres. Au travers de conseils, d’accompagnement, d’aide à la réalisation de business plan, en incitant les entrepreneurs à travailler ensemble dans des espaces dédiés, ces différentes structures dynamisent l’univers start-up de la ville rose. Laissons la parole à Chérif Mili à propos de ces dernières :

« L’incubateur MiPy possède une offre très puissante (local, formations, visibilité, et jusqu’à 50K Euros), mais est dur à intégrer. Ekito est une belle ruche d’experts, mais c’est privé donc payant. Le starter est un très bon endroit pour les tous premiers mois, en “pré-incubation”. Le connected camp à l’IoT Valley est le meilleur endroit lorsque vous êtes dans le monde des objets connectés ».


Il est crucial de partager son idée avec un maximum de personnes. Rien ne vous dit que vous êtes le seul à avoir imaginé ce concept, et c’est au travers de discussions et d’échanges que vont ressortir des axes, des pistes de développement qui peuvent se révéler être la clé du succès. Votre projet en ressortira grandi. C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres entrepreneurs et de partager leur expérience. Si AtHome et le Starter (NDLR : programme de pré-incubation de La Cantine) organisent des rencontres et pitchs ce n’est pas un hasard. Lors d’un pitch vous ne disposez que de quelques minutes pour présenter votre projet, vous êtes donc forcé d’aller à l’essentiel.

accelerateur start up Toulouse

  Un dernier précieux conseil de notre interlocuteur : le programme Koudetat de The Family sur la chaine YouTube Startupfood, allez voir c’est particulièrement intéressant ! Un ensemble de vidéos qui apporte de formidables informations sur l’univers start-up.  Et si vous avez réellement envie de vous lancer c’est carrément le site du programme Koudetat qu’il faut parcourir en long et en large. 

 

En bref

  Avoir une bonne idée ne suffit pas pour se lancer dans une start-up, y compris pour une application sociale. Aussi attractif soit-il, le marché de l’application mobile nécessite un projet qui tient la route. Vous ne pouvez pas vous lancer sans avoir pris en considération les géants qui occupent déjà ce secteur, développer un avantage comparatif est capital. De plus, la façon dont vous exécuterez votre projet entrera aussi en compte. Enfin, et surtout, c’est la communication, l’échange avec d’autres startupers qui fera grandir votre projet.

Kévin GRELET

Passionné de Tech et de Musique, amateur de podcasts. Etudiant en Master 1 à Toulouse Business School

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