Revue de presse du monde digital (du 1er au 06 février)

RDP4

Dans la revue de presse de cette semaine je vous parler de gros chiffres avec Orange, les GAFA et le Super Bowl. Ça parlera aussi de « Grosses données », et de “RTB”. 

Les brèves dont on ne parlera (presque) pas :

1) Orange compte plus d’un million d’abonnés fibre (et nargue SFR)

fibre orange france

  On commence cette revue de presse du monde digital de la semaine avec le très récent communiqué de presse d’Orange. Alors qu’à la fin du mois d’octobre, l’Arcep ne décomptait que 1,255 million d’abonnés fibre, Orange vient de faire savoir que plus d’un million de ses clients avaient déjà fait le bond vers cette technologie. Le calcul est alors rapide : Orange représenterait plus de 80 % des installations Internet en fibre optique de l’hexagone, ce qui laisse clairement les concurrents sur le carreau.

  Attention, quand on parle de raccordement en fibre le piège est vite arrivé. Alors qu’Orange, notamment,  revendique une “vraie fibre” (c’est à dire un raccordement 100% fibre optique aussi appelé FTTH pour Fiber To The Home), Numericable (et SFR du coup) finissent le raccordement par du câble coaxial, le même que celui qui se raccorde à la télé pour profiter de la TNT. Les raisons sont principalement économiques et les débats entre les opérateurs Internet ont été vifs à ce sujet ces dernières années. Forcément, il apparaît tentant pour Orange de considérer cette technologie comme de la “fausse fibre” et ainsi de ne même pas la prendre en compte dans ses calculs. Sauf que pour l’ARCEP, le gendarme des télécoms dont on parlait déjà ici, la seule « vraie » fibre c’est aussi la fibre 100% fibre.

Deux types de fibres

Deux types de fibres

  Il apparaît que le succès d’Orange en terme de fibre réside principalement dans sa plus grande disponibilité. En effet, l’opérateur revendique « plus de cinq millions de logements raccordables dans près de 800 communes de France métropolitaine et dans les DOMs, soit une hausse de 40% sur l’année 2015 ». Or, d’après l’Arcep, l’Hexagone ne comptait, à la fin du mois d’octobre, que 5 016 000 logements éligibles au FTTH (fibre de bout en bout). Autant dire que là où il y a de la fibre, il y a une très, très grande probabilité pour que celle-ci soit estampillée Orange.

  D’ailleurs, pour bien enfoncer le clou marketing sur son avantage technique, Orange commence son communiqué par : « Orange entend poursuivre cette dynamique en 2016 grâce à sa Fibre, 100 % Fibre délivrant de la fibre optique de bout en bout à ses clients ». Une introduction tout en pléonasme et tautologie pour le “numéro 1 de la fibre 100% pur fibre de là, à de là”.

 

2) Gmail et WhatsApp entrent dans le club des milliardaires

  Après Apple qui déclare récemment avoir vendu son milliardième appareil fonctionnant sous le système d’exploitation mobile iOS, c’est au tour de Google de fanfaronner avec un nouveau service atteignant le milliard d’utilisateurs. Cela porte à 7 le nombre de services de la firme à entrer dans le club très sélect des milliardaires après Android, Youtube, ou bien Chrome par exemple.

  De son côté, Marc Zuckerberg peut être fier de ses, désormais, deux services au milliard d’utilisateurs actifs : Facebook qui atteint même 1.5 milliard de comptes actifs, ainsi que WhatsApp. A ce propos, l’application Messenger et ses 800 millions d’utilisateurs pourrait bientôt rentrer dans la cour des grands à mesure que le monde entier s’équipe de smartphones.

  Concernant WhatsApp, un doute persiste malgré le nombre stratosphérique d’usagers : sa rentabilité. Pour rappel WhatsApp propose des communications gratuites sous réserve d’avoir une connexion Internet, Wi-Fi ou 3G/4G. Le service, qui peut remplacer les SMS, a récemment introduit des appels gratuits et illimités, concurrençant un peu plus les offres des opérateurs téléphoniques. Le rachat par Facebook en février 2014 pour 19 milliards de dollars (c’est dire si Marc Zuckerberg croyait en WhatsApp) a permis à l’application d’augmenter significativement sa base d’inscrits mais pas forcément sa rentabilité.

  Fait intéressant, le PDG de Facebook refusait toute possibilité de monétisation de son nouveau bébé avant d’atteindre le milliard d’utilisateurs actifs. Ceci fait, on voit que la formule d’abonnement annuel a été supprimée sans pour autant la remplacer par de la publicité, laquelle fournit pourtant l’essentiel des revenus de la maison mère. Ces choix sont compréhensibles au sein d’une application de messagerie car il ne faut pas alourdir l’interface utilisateur et du coup déprécier l’expérience alors que tant d’autres concurrents existent sur le marché des applications. La solution trouvée serait de développer des services bonus à l’instar de Messenger qui propose déjà des services de paiement ou de transport directement au sein de l’appli. Dans le cas de WhatsApp il s’agirait de proposer aux entreprises de communiquer directement avec leurs clients actuels et potentiels en profitant des données récoltées par l’application.

 Une chose est sûre, que ce soit depuis Gmail ou WhatsApp, nous n’avons pas fini de recevoir des propositions commerciales plus ou moins inventives et surtout invasives.

 

3) Amazon ambitionnerait d’ouvrir plus de 300 librairies physiques

Amazon books intérieur

  Selon les rumeurs Wall Street Journal, le géant américain du e-commerce aurait l’ambition d’ouvrir 300 à 400 librairies physiques aux Etats-Unis. En novembre Amazon, surprenait déjà en ouvrant à Seattle sa toute première librairie en dur alors même qu’on ne cesse de l’accuser de tuer ce type de boutiques. L’annonce était surtout ironique 20 ans après le début de la révolution de consommation des produits culturels initiée par la compagnie de Jeff Bezos ! Baptisée “Amazon Books” l’enseigne ne propose “que” quelques milliers de références, contre plusieurs millions sur le site. En fait, elle ne propose que les livres les plus populaires en se basant sur les données collectées auprès du site : critiques élogieuses, meilleures ventes, livres tendances etc… le tout avec des prix identiques à ce que l’internaute peut retrouver sur Amazon.com.

  Comme une vraie librairie alors ? Pas tout à fait, Amazon Books propose un merchandising assez original avec notamment des livres disposés de face plutôt que de tranche afin de mettre en avant la couverture et de proposer sous chacun d’eux un commentaire d’internaute issu de la boutique en ligne. A cela l’enseigne rajoute près des caisses un présentoir avec une sélection des livres les mieux notés du site tels des incontournables de dernière minute.

  Quelles sont les raisons qui poussent le membre des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) à se porter sur un marché qui semblait pourtant en voie d’extinction à cause d’Amazon et consorts justement ?

  • En vérité, le marché des librairies en dur n’est pas mort, il se transforme, s’adapte, souvent dans la douleur. Surtout, il adopte une stratégie de différenciation voyant bien que la stratégie coûts est définitivement perdue. Il s’agit donc de se positionner en tant que boutique répondant à un besoin presque de niche. Amazon Books s’insère dans ce nouveau positionnement et cherche à attirer des clients encore réticents à l’idée d’acheter sur Internet. Souvent ces clients potentiels considèrent qu’une librairie physique avec des professionnels connaisseurs donne un cachet impossible à retrouver depuis un site ou une application mobile. Cette volonté n’est pas étonnante pour un Jeff Bezos souvent critiqué par ses actionnaires car il multiplie les projets de marchés à conquérir au lieu de se concentrer sur le retour sur investissement.
  • Le projet s’explique aussi par le ralentissement des ventes d’e-books ces derniers mois (elles ont reculé de plus de 10% sur les cinq premiers mois de 2015, par rapport à la même période de l’année précédente), peut-être assiste-t-on à un retour plus prononcé de l’achat de livres physiques à la place de leurs frères numériques ?
  • Plus symboliquement, l’opération permet aussi à Amazon de rappeler qu’il cherche avant tout à vendre des produits culturels à bon prix n’importe où dans le monde alors qu’on l’accuse parfois de tuer la culture du livre.

 

4) Avec votre spot publicitaire à 5 millions pour le Super Bowl voici ce que vous auriez pu vous offrir en publicité sur Internet

Super bowl publicité

  Cette année le Super Bowl se déroulait à Los Angeles et comme chaque année, le coût de diffusion d’un spot publicitaire atteint des sommets :  4,8 millions de dollars (4,4M€) pour 30 secondes de spot en 2016. Cela revient à 160 000 dollars la seconde (147.000€) ! C’est 400 000 euros de plus que l’année dernière, mais surtout 4 360 000 euros de plus que lors de la première édition en 1967. Depuis quelques années le site Digidayspécialisé dans l’analyse de la publicité en ligne, propose un petit comparatif de ce que les marques comme Coca-Cola, Paypal, LG ou encore General Motors auraient pu s’offrir en terme de publicité en ligne en économisant les 30 secondes d’apparition du Super Bowl.

  • Ils pourraient s’offrir plus d’un milliard d’impressions sur Facebook. Cela représente aussi 500 millions de clics pour une vidéo sur le réseau social mais seulement 15 millions sur l’application mobile à cause d’un coût par vue moyen de 32 centimes.   
  • Sur Twitter, ils pourraient atteindre tous les utilisateurs avec un “#…”promu 10 fois d’affilée.
  • Ils pourraient insérer leur marque en fond de la page d’accueil du New York Times pendant 2 semaines consécutives. 
  • Ils pourraient aussi s’offrir un tweet d’une personne influente dans le domaine qui les intéresse comme un athlète ou un chanteur, et ce chaque semaine pendant un an. Cela inclut évidemment le coût de la licence pour utiliser ce contenu sponsorisé sur d’autres médias ou sur leur site.

  L’article est intéressant car il remet en perspective les différences de prix parfois (souvent) aberrantes qui existent entre les médias de masse traditionnels et leurs homologues numériques. Cependant, il convient de ne pas oublier l’impact de com’ incroyable qu’a réussi à développer l’événement américain depuis sa création. En effet, que ce soit au sein du territoire national (entre 114 et 121 millions de téléspectateurs l’année dernière, un record !) ou à l’international (des milliers d’articles à travers le monde et des millions de vues sur YouTube) le Super Bowl est une institution à ne pas manquer pour les annonceurs. Si les marques sont prêtes à dépenser autant pour si peu de temps d’antenne c’est que le retour sur investissement doit clairement en valoir la peine. 

 

5) Un iPhone acheté en 2016 aura 3 propriétaires

Infographie Smartphone

  On termine la première rubrique de la revue de presse en parlant du marché d’occasion des smartphones. Selon une étude du cabinet Deloitte, en 2016, 120 millions de smartphones devraient être échangés ou revendus dans le monde contre 80 millions en 2015. L’occasion pèsera alors 7% du marché mondial évalué à 1,6 milliards d’unités. Certes le smartphone d’occasion, à l’aune du marché des modèles neufs, reste encore marginal mais il progresse à grand pas.

  • La raison principale de la revente de son smartphone est de pouvoir couvrir une partie des coûts du prochain… pas forcément neuf lui non plus. Argument économique donc mais aussi écologique comme on l’expliquait déjà avec l’article sur le Fairphone.
  • Autre information intéressante, selon cette étude, 10% des smartphones haut de gamme (dont le prix est égal ou supérieur à 500 dollars soit 450 euros) achetés en 2016 devraient connaître au moins trois propriétaires différents au cours de leur vie.
  • Enfin, si le renouvellement en France est encore un marché de neuf pour 90% des Français, un Français sur 10 est désormais un adepte du mobile d’occasion. Les 18-24 ans sont les plus concernés avec 15 % d’entre eux qui font le choix d’un smartphone de deuxième main.

 

 

 

L’étude à ne pas manquer :

Comment utiliser les Big Data pour créer la meilleure série télé possible ?

Retrouver l’article dédié en cliquant sur le titre.

 

L’Appli de la semaine :

Cette semaine c’est appli avec au programme : Folio pour facebook.

Folio pour facebook

  Pour ceux qui n’auraient pas encore compris je suis un Android user donc ne vous attendez pas à retrouver beaucoup d’appli disponibles sur l’App store dans cette rubrique.

  Des alternatives à l’application Facebook, il en existe des dizaines. Cette semaine c’est Folio qui m’intéresse. Pourquoi l’installer ? Tout simplement parce que l’appli de base est extrêmement gourmande en données mobiles mais surtout en batterie. Folio est plus économe car elle ne se synchronise pas en continu (vous pouvez paramétrer la fréquence de synchronisation depuis les paramètres). Elle demande aussi moins au processeur ce qui lui permet de moins chauffer et donc de limiter l’impact sur la batterie. Si vous vous plaignez que votre batterie est vidée à cause de Facebook, cette appli est clairement faite pour vous.

 

 

Le terme de communication/marketing digital de la semaine :

 

 

  RTB (Real-Time Bidding) correspond aux enchères en temps réel sur les plateformes d’échanges publicitaires. Le RTB devient au fil du temps une arme marketing redoutable, associée à l’émergence d’une masse d’informations comportementales toujours plus qualifiées. L’ultra-ciblage et la personnalisation des messages sont désormais possibles et ce de façon complètement automatisée. Encore une fois le Big Data est extrêmement utile aux techniques de RTB. Pour être de qualité et ainsi toucher le coeur de cible, le RTB nécessite en amont des mégabases contenant des profils d’internautes les plus qualifiés possibles. Le Big Data a ainsi pour mission de fournir ces énormes volumes de données comportementales.

  Face au succès rencontré par le Real Time Bidding dans l’univers du web, d’autres acteurs plus traditionnels comme la radio ou la TV tentent déjà de s’approprier ce nouveau mode de commercialisation de leurs espaces publicitaires, afin notamment de réduire leur volume d’espaces invendus.

RTB définition

C’est la fin de cette 4ème revue de presse du monde digital, on se retrouve mardi prochain. D’ici là, restez connectés !

Erwan Colson
Étudiant en double diplôme Sciences po Toulouse (master communication) et Toulouse Business School (majeure marketing). Membre de Hotsoft depuis novembre 2014, je travaille pour Toile de Fond sur des articles plutôt orientés nouvelles techno, télécoms, droit et politique.

3 commentaires

  1. Guillaume Cloux

    Guillaume Cloux

    9 février 2016 at 14 h 28 min

    En ce qui concerne Amazon Studios, on peut quand même dire que leur adaptation de The man in the high castle est plutôt réussi avec 8,2 sur IMDB

    • Erwan Colson

      Erwan Colson

      9 février 2016 at 15 h 51 min

      8.2 c’est mieux mais ce n’est pas encore 9 😉 Surtout, la série est sortie fin 2015, soit 2 ans après les premières tentatives du studio. Les effets d’apprentissage aidant Amazon a su améliorer sa formule ou bien modifier son dispositif pour se rapprocher de la méthode de Netflix.

  2. Retrolien : Comment utiliser les Big Data pour créer la meilleure série télé possible - Toile de Fond

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